Le Bangladesh à travers ses transports
Le rickshaw et la peinture sur rickshaw de Dacca
Avec plus de 500 000 cyclo-pousses parcourant ses artères chaque jour, Dacca s’est vu décerner le surnom mondial de « capitale du rickshaw ». Introduit au Bengale dans les années 1930 et 1940, ce véhicule non motorisé à trois roues est rapidement devenu le mode de transport de proximité le plus accessible et le plus répandu pour les habitants.
En décembre 2023, l’UNESCO a inscrit « Les rickshaws et la peinture sur rickshaw à Dhaka » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’arrière de chaque véhicule porte une plaque peinte à la main sur fer-blanc, ornée d’étoiles de cinéma, de tigres du Bengale, de paysages ruraux ou de motifs floraux éclatants. Réalisées sans pochoir dans les ruelles du vieux Dacca, ces œuvres se transmettent de maître à apprenti. Pour répondre à l’effort physique éprouvant des tireurs de rickshaw, le pays commence à déployer des modèles dotés d’une assistance électrique et à aménager des couloirs de circulation dédiés.
L’auto-rickshaw au GNC (« CNG »)
Partout au pays, le tricycle motorisé à trois roues est communément appelé « CNG », d’après le gaz naturel comprimé qui sert de carburant à son moteur. En janvier 2003, les autorités ont banni les vieux « baby-taxis » à moteur deux-temps particulièrement polluants pour imposer ces tricycles à quatre-temps alimentés par le gaz extrait localement.
Ce véhicule est aisément identifiable :
- Une carrosserie vert vif rendue obligatoire par la réglementation pour identifier visuellement les transports publics utilisant une énergie propre.
- Des portes en grillage métallique verrouillées de l’intérieur, pensées pour protéger passagers et bagages.
Bien que doté en principe d’un compteur horokilométrique officiel, le coût du trajet fait souvent l’objet d’âpres discussions verbales en pleine heure de pointe ou lors des averses. Malgré l’essor récent des applications de VTC, le CNG reste un moyen de déplacement incontournable pour les classes moyennes urbaines.
La gare ferroviaire de Kamalapur
Édifiée au centre de Dacca, Kamalapur (officiellement appelée gare de Dacca) représente la plus grande gare ferroviaire du pays et le carrefour névralgique de Bangladesh Railway. Bâtie pour succéder à l’ancienne gare coloniale de Fulbaria, elle a été inaugurée en avril 1968 avant d’ouvrir au trafic voyageurs au mois de mai suivant.
Conçue par les architectes américains Daniel Dunham et Robert Boughey, la gare constitue un témoignage remarquable de l’architecture moderniste. Son immense toit en béton ondulé forme des structures en parasol adaptées au climat local, permettant d’évacuer l’eau des moussons violentes tout en assurant une ventilation naturelle. Lors des fêtes de l’Aïd, la gare voit affluer d’immenses vagues de voyageurs venus prendre les trains vers toutes les régions. Kamalapur fait aujourd’hui l’objet d’un vaste réaménagement multimodal la connectant aux nouvelles lignes du métro (MRT) de Dacca.
Le port fluvial de Sadarghat
Situé sur les rives du Buriganga, au sud de la capitale, Sadarghat constitue le grand terminal fluvial de Dacca et se classe parmi les ports de passagers les plus fréquentés au monde. Le lieu remplit une fonction d’axe d’échange majeur depuis l’époque moghole au XVIIe siècle, période à laquelle Dacca est devenue un nœud marchand incontournable en Asie du Sud.
Sadarghat sert de porte d’embarquement vers les districts du sud du delta et voit passer des dizaines de milliers d’usagers au quotidien. Le spectacle y est constant : de grands « launches » modernes à plusieurs ponts y côtoient une myriade de petits canots en bois à rames qui traversent d’une rive à l’autre. Lors des vacances de l’Aïd, le port devient le théâtre d’un immense exode populaire, voyant des marées humaines monter à bord pour rejoindre leurs villages familiaux par voie d’eau.
Le bateau à aubes « Rocket »
Mis en service durant la période coloniale britannique au début du XXe siècle, les bateaux à roues à aubes historiques de la flotte publique (BIWTC) assuraient la liaison entre Dacca et les régions méridionales du delta. À leur mise à l’eau, ils ont été surnommés « Rocket » en raison de leur vitesse, qui surpassait alors tous les autres navires de passagers circulant sur les cours d’eau du Bengale.
Parmi les unités les plus réputées figurent des navires comme :
- Le PS Mahsud, construit en 1928,
- Le PS Ostrich,
- Le PS Lepcha et le PS Tern.
Pourvus de parquets en teck, d’imposantes roues à aubes latérales et d’anciennes cabines d’époque, ces bateaux ont longtemps rythmé les traversées vers Barisal, Hularhat ou Morrelganj. Face aux navires récents et aux nouveaux ponts, certains de ces bateaux centenaires ont été préservés et rénovés afin d’accueillir des croisières patrimoniales.
Le nouka (embarcation traditionnelle en bois)
Le Bangladesh compte plus de 700 rivières et canaux. Sur cette trame aquatique, l’embarcation traditionnelle en bois, désignée sous le terme de nouka en bengali, incarne l’outil historique de transport et de subsistance du delta. Les charpentiers de marine traditionnels assemblent ces bateaux sans aucun plan sur papier, en fixant les planches de bois local au moyen d’agrafes de fer appelées patam.
Il existe une multitude de formes adaptées à chaque rivière, comme le dingi (qui a donné le mot « dinghy »), le kosha, le panshi ou le sampan à proue recourbée que l’on trouve sur la côte de Chattogram. À la fin de la mousson, ces bateaux sont au cœur du Nouka Baich, de grandes courses d’avirons traditionnelles accompagnées de tambours et de chants folkloriques. Plus qu’un simple outil utilitaire, le nouka s’est érigé en emblème identitaire omniprésent dans la littérature et les arts populaires du pays.
Sources
- zh-yue.wikipedia.org
- wikidata.org
- fr.wikipedia.org
- en.wikipedia.org
- en.wikivoyage.org
- traveldojo.com
- en.wikivoyage.org
- es.wikipedia.org
- wikidata.org
- en.wikipedia.org
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- dhakatribune.com
- unb.com.bd
- lostwithpurpose.com
- thedailystar.net
- en.wikipedia.org
- en.wikipedia.org
- wikidata.org
Crédits photo
- Le rickshaw et la peinture sur rickshaw de Dacca : Mrb Rafi, CC BY-SA 4.0
- L'auto-rickshaw au GNC (« CNG ») : Clément Bardot, CC BY-SA 4.0
- La gare ferroviaire de Kamalapur : Anik Sarker, CC BY-SA 4.0
- Le port fluvial de Sadarghat : Nurunnaby Chowdhury (Hasive), CC BY-SA 4.0
- Le bateau à aubes « Rocket » : Unknown authorUnknown author, Public domain